Des étudiants de la Faculté de médecine manifestaient pacifiquement devant la Primature pour exiger la réouverture de l’Hôpital général, fermé depuis des mois à cause de l’insécurité. La PNH, sur ordre du Premier ministre cité Métronome, les a dispersés à coups de gaz lacrymogène. Le gouvernement garde le silence.

Port-au-Prince : la police bombarde des étudiants qui réclamaient la réouverture d’un hôpital

Leur seul tort ? Réclamer la réouverture d’un hôpital pour sauver des vies. Ce lundi 22 juin, des étudiants de la Faculté de médecine de Port-au-Prince ont organisé un sit-in pacifique devant la Primature pour exiger la réouverture de l’Hôpital général, fermé depuis des mois à cause de l’insécurité qui ravage la capitale.

La réponse du pouvoir ne s’est pas fait attendre. Sur ordre du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, la Police nationale d’Haïti (PNH) a chargé la manifestation à coups de gaz lacrymogène. Des images, relayées par Radio Télé Métronome, montrent des étudiants en blouse blanche fuyant en larmes, certains en état de choc, alors que les policiers poursuivaient leur opération sans relâche.

Un hôpital fermé, des vies en danger

L’Hôpital général de Port-au-Prince, le plus grand établissement public du pays, est fermé depuis plusieurs mois. Les gangs armés qui contrôlent une grande partie de la capitale ont rendu l’accès à l’établissement impossible, privant des milliers d’Haïtiens de soins essentiels.

Les étudiants de la Faculté de médecine, futurs médecins du pays, réclamaient la réouverture de l’hôpital pour permettre à la population d’accéder à des soins vitaux. Une demande légitime, qui devrait être soutenue par les autorités. À la place, ils ont été traités comme des ennemis.

Le gouvernement garde le silence

La Primature n’a pas réagi à cette répression brutale. Aucun communiqué, aucune condamnation, aucune explication. Le silence des autorités est assourdissant. Il en dit long sur le mépris du gouvernement face aux souffrances de la population.

Pendant ce temps, les images d’un Premier ministre de facto voyageant en jet privé, alors que les maigres ressources de l’État sont gaspillées, nourrissent la colère populaire. Les étudiants, eux, réclamaient simplement la réouverture d’un hôpital pour le bien du pays.

Quand la police protège les dirigeants, pas le peuple

Depuis plus d’une décennie, la police nationale intervient systématiquement pour réprimer les revendications populaires : manifestations contre la vie chère, mobilisations pour les droits sociaux, sit-in d’étudiants. À chaque fois, la même méthode : la manière forte. À chaque fois, le même silence.

Cette répression pose une question fondamentale : à qui sert la police nationale ? Protège-t-elle encore le peuple ou s’est-elle transformée en force de répression au service des dirigeants ?

La véritable question

Cette escalade de violence contre des étudiants de médecine, qui ne demandaient qu’à exercer leur métier pour sauver des vies, pourrait être l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les Haïtiens sont à bout, las d’un système qui les méprise, las d’un gouvernement qui protège ses intérêts au lieu de ceux de la nation.

Le gouvernement a peut-être réussi à disperser une manifestation, mais il a ouvert une plaie qui risque de ne jamais se refermer. La question n’est plus de savoir si un soulèvement populaire est possible, mais quand il aura lieu. Et dans ce soulèvement, la police se tiendra-t-elle du côté du peuple ou de ses dirigeants ?

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