Pour son tout premier match en Coupe du Monde, le Cap-Vert a tenu tête à l’Espagne (0-0), championne d’Europe en titre et grande favorite du tournoi, ce lundi 15 juin au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Un exploit monumental rendu possible par une défense de fer et un gardien de 40 ans, Vozinha, auteur de plusieurs parades décisives. Les Requins Bleus entrent dans l’histoire du football de leur pays.

Quatre jours après le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026, le tournoi a livré son premier coup de théâtre. On les attendait en victimes expiatoires. On les a quittés en héros. Les Requins Bleus du Cap-Vert, 64e nation au classement FIFA, ont réussi l’impensable, ce lundi à Atlanta, en arrachant le match nul (0-0) face à l’Espagne, pour leur toute première apparition en phase finale de Coupe du Monde. Un exploit monumental qui fera date dans l’histoire du football cap-verdien.

Un bloc cap-verdien imprenable

Classé 64e au classement FIFA, le Cap-Vert s’est présenté dans un dispositif bas et compact qui a étouffé la Roja dès l’entame. Privée de Lamine Yamal et Nico Williams au coup d’envoi — le premier souffrant d’une déchirure musculaire, le second préservé sur le banc —, l’Espagne a buté pendant une heure sur un bloc africain hermétique, sans jamais trouver la faille entre les lignes.

La seule véritable occasion espagnole en première période est venue à la 39e minute, lorsque la reprise de Ferran Torres a heurté la barre transversale. Oyarzabal, pourtant bien placé, n’est pas parvenu à convertir le rebond. Un frisson, un seul, dans une première période que la Roja a dominée de la tête et des épaules, mais sans jamais concrétiser.

74% de possession, 27 tirs, zéro but

Les chiffres de la rencontre sont sans appel. L’Espagne a monopolisé le ballon (74% de possession), frappé 27 fois au but, obtenu 11 corners. Mais la Roja s’est heurtée à une défense regroupée, agressive, solidaire, qui a contraint les attaquants espagnols à une frustration grandissante. Le sélectionneur Luis Enrique, incrédule sur son banc, a vu ses hommes buter sur un bloc compact qui ne s’est jamais désuni.

Les entrées tardives de Lamine Yamal (71e) et Nico Williams (87e), tous deux remis de blessure pour le second, n’ont rien changé. Même le génie du jeune prodige catalan n’a pas suffi à percer le coffre-fort cap-verdien.

Vozinha, le héros inattendu

Le symbole de cet exploit s’appelle Vozinha. À 40 ans, le gardien d’União de Leiria, modeste club de deuxième division portugaise, a vécu la soirée de sa vie. Ses parades décisives devant Ferran Torres (34e, 56e) et Aymeric Laporte (72e) ont maintenu le Cap-Vert à flot dans une rencontre où la marée rouge a tout submergé, sauf la digue cap-verdienne.

La presse internationale ne tarit pas d’éloges sur le portier cap-verdien, déjà surnommé « El Muro » par la presse espagnole, pourtant peu habituée à saluer les performances adverses.

Borges, le frisson de la victoire manquée

Le Cap-Vert ne s’est pas contenté de défendre. À la 91e minute, sur l’un de ses rares corners, Borges a failli offrir la victoire aux siens. Sa tête plongeante est passée à quelques centimètres du poteau espagnol. Le hold-up parfait n’est pas passé loin.

Le premier tir cadré cap-verdien n’est d’ailleurs intervenu qu’à la 90e minute, symbole d’une équipe qui a joué avec ses armes : humilité, abnégation et réalisme défensif.

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