Critiqué pour son manque de leadership, le Premier ministre de facto voit la communauté internationale – OEA, CARICOM, Nations unies – multiplier les pressions. Alors que l’opposition le considère déjà comme démissionnaire, Alix Didier Fils-Aimé n’a plus que quelques jours pour inverser la tendance.
Critiqué pour son manque de leadership, Alix Didier Fils-Aimé, Premier ministre de facto, pourrait perdre le soutien de la communauté internationale face à son incapacité à résoudre la crise. Après vingt mois à la tête du gouvernement et cinq mois depuis qu’il dirige seul le pays, aucun résultat concret n’a été enregistré : la sécurité n’a pas été rétablie, les élections ne sont pas en vue.
L’opposition le considère comme démissionnaire
Pour l’opposition, le mandat de cette transition a pris fin le 7 juin dernier, conformément à l’article 149 de la Constitution, mentionné dans le décret constatant la vacance présidentielle du 7 février. Alix Didier Fils-Aimé est désormais considéré par ses opposants comme un “Premier ministre démissionnaire”. Une qualification qui fragilise encore davantage sa légitimité aux yeux de la population et des partenaires internationaux.
La communauté internationale s’impatiente
Le constat est unanime : le Premier ministre de facto fait du surplace. Les Nations unies, la CARICOM et l’OEA entreprennent donc des actions concrètes pour tenter de débloquer la situation.
Dans une note publiée ce lundi, le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, s’est montré clair : le processus de transition doit rester “ciblé et orienté vers des actions produisant des résultats concrets dans le pays”. Il a annoncé qu’il sera en Haïti la semaine prochaine pour rencontrer le chef du gouvernement de facto ainsi que les acteurs politiques, afin d’examiner les voies pouvant permettre de résoudre la crise.
Ramdin a précisé que l’OEA continue de travailler avec la CARICOM et les Nations unies pour favoriser la coordination d’actions susceptibles d’aboutir à des résultats concrets en Haïti.
Une visite de la CARICOM déjà reportée
Un signal inquiétant pour Alix Didier Fils-Aimé : la CARICOM avait programmé une visite à Port-au-Prince au début du mois de juin. Elle a été reportée par le Premier ministre de facto lui-même, qui a prétexté ne pas être en mesure de garantir la sécurité de la délégation. Un aveu d’impuissance qui n’a pas échappé aux observateurs.
À la CARICOM, Fils-Aimé est perçu comme une personnalité “qui n’est pas à la hauteur de la crise”. Une perception qui pourrait accélérer son isolement diplomatique.
Le compte à rebours est lancé
Alix Didier Fils-Aimé risque gros dans les prochains jours, analyse le journaliste Jean Corvington dans son éditorial. Selon lui, la CARICOM n’est pas seule dans sa démarche, et le dernier communiqué du secrétaire général de l’OEA en est la preuve.
Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir politique d’Haïti. Alix Didier Fils-Aimé parviendra-t-il à convaincre la communauté internationale de lui accorder un sursis ? Ou assistera-t-on à un nouveau changement à la tête du gouvernement, plongeant le pays dans une instabilité encore plus grande ? La réponse viendra dans les jours à venir.