Un tribunal de la charia a ordonné ce châtiment corporel pour “relations contre-nature”, provoquant une vague de protestations des défenseurs des droits humains

Deux hommes ont été publiquement flagellés de six coups de canne chacun en Malaisie pour tentative de relations homosexuelles,un châtiment ordonné par un tribunal islamique qui a provoqué une levée de boucliers des organisations internationales de défense des droits humains.

La scène s’est déroulée devant un public de témoins: deux hommes maintenus par des officiers alors qu’un bourreau masqué leur administrait des coups de canne sur le dos. Ce châtiment corporel public, appliqué par l’État malaisien de Terengganu, a immédiatement déclenché une onde de choc dans la communauté internationale.

Les faits : un châtiment ritualisé

Les deux hommes, âgés de 22 et 33 ans, ont été arrêtés en avril 2018 dans une chambre d’hôtel alors qu’ils étaient suspectés de s’apprêter à avoir des relations homosexuelles. Jugés coupables de “tentative de rapports sexuels contre-nature” par un tribunal de la charia, ils ont été condamnés à six coups de canne et à une amende de 3.800 ringgit (environ 800 euros).

La procédure a été méticuleusement organisée : un médecin était présent pour s’assurer que les condamnés pouvaient supporter la punition, et seuls des invités triés sur le volet étaient autorisés à y assister.

Un système juridique dual controversé

La Malaisie fonctionne avec un système juridique dual :

· Un système civil hérité de la colonisation britannique
· Un système islamique (charia) qui s’applique exclusivement aux musulmans dans les affaires familiales et religieuses

C’est dans ce deuxième cadre que les deux hommes ont été jugés. Leurs avocats ont indiqué qu’ils avaient plaidé coupables “pour en finir au plus vite” avec cette affaire.

Les réactions internationales : une rare unanimité

La condamnation a été quasi-unanime dans la communauté internationale :

· Amnesty International a qualifié ce châtiment de “cruel, inhumain et dégradant”
· Les Nations Unies ont rappelé que de telles pratiques violent le droit international
· L’Union Européenne a exprimé sa “profonde préoccupation”

“Caner des personnes pour des relations sexuelles consenties entre adultes est une pratique abominable et une violation des droits humains internationaux”, a déclaré Rachel Chhoa-Howard, chercheuse pour Amnesty International.

La position malaisienne : souveraineté et spécificité culturelle

Face aux critiques, le gouvernement malaisien a opposé une fin de non-recevoir. Le ministre en charge des Affaires religieuses a défendu la punition, affirmant qu’elle visait à “éduquer et réhabiliter les délinquants”.

Cette position s’appuie sur l’argument de la spécificité culturelle et religieuse malaisienne, où l’islam joue un rôle central dans l’identité nationale.

Alors que la Malaisie continue d’appliquer des châtiments corporels pour les relations homosexuelles,la fracture avec les standards internationaux des droits humains ne cesse de se creuser. Ce cas emblemático pose une question cruciale : jusqu’où peut aller la spécificité culturelle face aux normes universelles de dignité humaine ?

Les deux hommes flagellés portent désormais double peine : celle de leur corps meurtri et celle du stigma social dans un pays où l’homosexualité reste un tabou majeur.

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Chiffres clés:

· 65 pays criminalisent encore l’homosexualité dans le monde
· 11 États prévoient la peine de mort pour les relations homosexuelles
· 6 États malaisiens pratiquent les châtiments corporels sous le régime de la charia

Citation: “Caner des personnes pour des relations sexuelles consenties entre adultes est une pratique abominable et une violation des droits humains internationaux.”- Rachel Chhoa-Howard, Amnesty International

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