La scène se répète de façon presque troublante : un proche de Donald Trump, rattrapé par la justice pour avoir mal géré des documents confidentiels. Cette fois, c’est l’ex-très faucon de la Maison Blanche, John Bolton, qui est dans le viseur. Selon ABC News, l’ancien conseiller à la sécurité nationale devrait plaider coupable.
C’est l’une des figures les plus controversées de l’administration Trump qui se retrouve aujourd’hui devant les tribunaux. John Bolton, 77 ans, qui fut le conseiller à la sécurité nationale du président entre 2018 et 2019, est accusé d’avoir mal géré des documents classifiés après son départ de la Maison Blanche.
Selon plusieurs sources proches du dossier citées par ABC News, l’ancien architecte de la guerre en Irak « devrait plaider coupable » dans les prochains jours, au cours d’une audience prévue au tribunal fédéral de Washington. Une issue qui lui permettrait d’éviter un procès public retentissant, mais qui scellerait définitivement sa chute politique.
Une affaire cousue de fil blanc
Pour les observateurs de la vie politique américaine, cette affaire a un goût de déjà-vu. En 2023, Bolton avait lui-même reconnu, dans une interview télévisée, avoir conservé des documents classifiés après son départ du gouvernement. Il affirmait alors les avoir gardés pour « écrire ses mémoires » — un livre explosif, The Room Where It Happened, qui lui avait valu des poursuites avortées de la part de l’administration Trump.
Mais cette fois, le dossier est allé beaucoup plus loin. Selon le New York Sun, l’enquête a été déclenchée par une plainte de l’actuel conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz, qui avait découvert que Bolton détenait encore des informations sensibles liées à son passage à la Maison Blanche. Une découverte qui a conduit les enquêteurs fédéraux jusqu’à la porte de l’ancien diplomate.
L’ironie du sort
L’ironie est cruelle pour celui qui fut l’un des faucons les plus intransigeants de Washington. John Bolton a passé sa carrière à traquer les ennemis de l’Amérique, à réclamer des frappes préventives et à dénoncer les fuites de sécurité nationale. Aujourd’hui, c’est lui qui se retrouve accusé d’avoir exposé des secrets d’État à des risques inutiles.
Et le parallèle avec Donald Trump est inévitable. L’ancien président est lui-même poursuivi pour avoir conservé illégalement des centaines de documents classifiés dans sa résidence de Mar-a-Lago. Bolton, qui fut l’un des critiques les plus virulents de Trump après son départ de l’administration, se retrouve aujourd’hui confronté aux mêmes accusations.
Un procès évité, une carrière brisée
En plaidant coupable, Bolton devrait bénéficier d’une peine réduite — probablement une probation et une amende — plutôt que de risquer une lourde condamnation lors d’un procès. Mais politiquement, c’est une mort certaine. L’ancien conseiller, qui rêvait encore en 2025 de se présenter à l’élection présidentielle, voit ses ambitions définitivement enterrées.
Le ministère de la Justice s’est refusé à tout commentaire. Le tribunal fédéral de Washington a confirmé qu’une audience était prévue dans les prochains jours, sans en préciser la date exacte.