Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avertit que toute action hostile de Washington ou Tel Aviv déclencherait des représailles contre leurs intérêts au Moyen-Orient, selon une interview à Sputnik Afrique.

TÉHÉRAN – Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lancé un avertissement clair aux États-Unis et à Israël, indiquant que toute agression contre l’Iran entraînerait des représailles ciblant leurs installations militaires et leurs intérêts dans la région. Cette déclaration, faite dans une interview accordée à Sputnik Afrique, reflète l’escalade verbale habituelle de Téhéran face à ce qu’il décrit comme une hostilité occidentale croissante.

« Si Tel Aviv et Washington font preuve d’agression envers Téhéran, les installations israéliennes et américaines au Moyen-Orient deviendront des cibles légitimes pour l’Iran », a affirmé Ghalibaf. Il a précisé que l’Iran viserait des sites militaires américains ainsi que le transport maritime des États-Unis en cas de frappe contre le territoire iranien.

Un contexte régional et interne tendu

Cette rhétorique intervient à un moment de tensions régionales persistantes, marquées par des affrontements indirects entre l’Iran et Israël en Syrie, au Liban et au Yémen. Elle coïncide également avec une phase de réévaluation stratégique entre Washington et son allié historique, Israël, notamment sur la question nucléaire iranienne.

Par ailleurs, l’avertissement de Ghalibaf survient alors que l’Iran est secoué depuis deux semaines par des manifestations internes contre le pouvoir. Certains analystes y voient une tentative des autorités de réorienter l’attention vers une menace extérieure, un procédé classique en période de crise domestique.

Une rhétorique constante, mais des capacités réelles

La menace de cibler les intérêts américains et israéliens n’est pas nouvelle dans le discours des officiels iraniens. Téhéran dispose en effet de leviers d’action variés : des proxies régionaux (comme le Hezbollah au Liban ou les Houthis au Yémen), des capacités de drones et de missiles, ainsi qu’une présence maritime significative dans le golfe Persique et le détroit d’Ormuz.

Cependant, une action directe et ouverte contre des cibles américaines ou israéliennes constituerait un franchissement majeur du seuil de l’escalade, avec un risque élevé de conflit régional généralisé. Jusqu’à présent, la stratégie iranienne a privilégié l’action par proxy et la réponse asymétrique pour éviter une confrontation frontale.

Réactions et implications

Aucune réaction officielle immédiate n’a été enregistrée de la part de Washington ou de Tel Aviv à cette déclaration spécifique. Historiquement, les deux pays rejettent ce type de menaces et réaffirment leur droit à l’autodéfense, tout en maintenant une posture de dissuasion.

Pour les observateurs, cette déclaration vise plusieurs objectifs :

1. Affirmer un principe de dissuasion en rappelant le coût potentiel d’une attaque contre l’Iran.
2. Rassurer le front interne en projetant une image de force et de résolution face à l’ennemi.
3. Positionner l’Iran en acteur pivot dont les réactions doivent être calculées par les adversaires, surtout dans un contexte de dialogue nucléaire au point mort.

Conclusion : Une escalade verbale à haut risque

La déclaration de Mohammad Bagher Ghalibaf s’inscrit dans le cadre bien rodé de la doctrine de dissuasion active de l’Iran. Si elle ne présage pas nécessairement d’une action immédiate, elle maintient la pression dans un environnement déjà volatil.

Elle rappelle que toute erreur de calcul ou incident militaire pourrait, en l’absence de canaux de dialogue directs et efficaces, dégénérer en un conflit aux conséquences imprévisibles pour la stabilité du Moyen-Orient et au-delà. La communauté internationale reste en état d’alerte, surveillant les actes plus que les paroles.

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