Douze années d’existence, onze célébrations. Vendredi 15 mai, l’Institution Mixte Espoir de Lamarre (IMEL) a de nouveau réuni ses enseignants pour leur dire merci. Des mots, des cadeaux, des larmes – et un serment en créole lancé par un prof qui a traversé la salle comme une traînée de poudre.
Il y a des chiffres qui racontent une histoire mieux qu’un long discours. 12 ans. 11 fêtes des professeurs. 100 % de réussite aux examens de la 9e année fondamentale, deux années de suite. Et une promesse : « Nou se limyè ki pap janm etenn. » Nous sommes une lumière qui ne s’éteindra jamais.
Vendredi 15 mai, dans la cour de l’IMEL, on n’a pas seulement célébré des enseignants. On a célébré une idée : celle que l’école, même dans un pays qui tangue, peut rester debout.
Une vision, une constance
Présent sur place, nous avons rencontré l’administrateur de l’établissement, le pasteur Larousse Dessain. Son propos est simple, presque évident : « C’est une vision claire : valoriser les valeurs et montrer aux professeurs combien ils comptent pour cette institution. » Douze ans que l’école existe, onze ans qu’elle honore ses maîtres. Une seule année manquée. « On ne lâche pas », résume-t-il.
Des résultats qui parlent
La fidélité aux valeurs ne produit pas que de belles cérémonies. Elle produit aussi des résultats. L’IMEL affiche 100 % de réussite aux examens de la 9e année fondamentale pour les deux dernières sessions (2023-2024 et 2024-2025), et espère la même performance pour 2025-2026. Du kindergarten à la NS II – et bientôt la NS III et la NS IV –, l’école avance une promotion après l’autre. « Je suis satisfait de mes professeurs », a sobrement lâché l’administrateur, tout en leur distribuant des cadeaux.
Un débat, une directrice en larmes, un slogan
Mais la journée ne s’est pas limitée aux discours et aux présents. Les enseignants se sont assis pour débattre de trois questions : leurs inquiétudes, leurs attentes, et surtout le sens d’une lumière qui ne s’éteint pas. La précarité du métier, l’inflation, le poids de la crise haïtienne – tout a été déposé sur la table.
Monsieur Charimé Jean Renel, directeur de la vacation du matin, a salué ses troupes : « Les professeurs sont vraiment importants pour l’avenir de notre pays. »
À la vacation de l’après-midi, Madame Laramé, la directrice, n’a pu contenir ses larmes. Elle a parlé de son ancien professeur, celui qui lui a donné la vocation. L’espace d’un instant, plus personne ne regardait l’horloge.
La phase mantra de la journée. « Nou se limyè ki pap janm etenn. » Nous sommes une lumière qui ne s’éteindra jamais. La salle l’a reprise, encore et encore, comme un serment.
La flamme ne s’éteint pas
Dans un pays où les salaires sont dérisoires et les classes bondées, où l’enseignement est un acte de résistance silencieuse, les mots de ce professeur résonnent bien au-delà de la cour de l’IMEL. Ils disent que malgré tout, la lumière tient bon.