Il aura fallu vingt ans, jour pour jour, pour qu’Arsenal épingle de nouveau le mot « finale » à son nom dans la plus prestigieuse des compétitions européennes. Mardi soir, dans un Emirates Stadium en fusion, un éclair de Bukayo Saka a suffi à terrasser l’Atlético de Madrid (1-0) et à offrir aux Londoniens un billet pour Budapest. Retour sur une soirée où le temps s’est comme suspendu.

Vingt ans que le souvenir douloureux de la défaite face au FC Barcelone en 2006 hantait le nord de Londres. Vingt ans que le club cherchait en vain la clé d’un retour parmi l’élite européenne. Mardi 5 mai 2026, devant un Emirates Stadium en fusion, les hommes de Mikel Arteta ont exorcisé le passé en écartant l’Atlético de Madrid, au terme d’une demi-finale retour maîtrisée de bout en bout. Le déclic tient en un nom : Bukayo Saka.

La délivrance signée Saka

Il y a des soirs où un seul geste suffit à écrire l’histoire. À la 42e minute, sur une ouverture millimétrée de Martin Ødegaard, Bukayo Saka s’est infiltré dans la surface madrilène. Contrôle orienté, accélération, frappe enroulée du gauche : le ballon est venu se loger dans le petit filet opposé de Jan Oblak. Un but à la fois clinique et libérateur, qui a offert à Arsenal le seul but de la rencontre et une avance décisive (2-1 sur l’ensemble des deux matches).

Ce but, c’est la fin d’une disette de deux décennies sans finale de Ligue des champions. C’est aussi la consécration d’un joueur formé au club, devenu le visage de la résurrection des Gunners. Élu homme du match, Saka a confié, ému : « Marquer ce but, devant nos supporters, avec cette atmosphère… C’est un rêve. On sait que le plus dur reste à faire, mais on donnera tout pour ramener la coupe à la maison. »

Une leçon de maturité

Après la pause, les Londoniens ont livré une leçon de rigueur défensive, étouffant les timides tentatives de révolte de l’Atlético. La charnière William Saliba – Gabriel Magalhães a muselé Antoine Griezmann, tandis que Declan Rice a régné dans l’entrejeu. Madrid n’a pas cadré le moindre tir en seconde période, symbole d’une impuissance rare pour les hommes de Diego Simeone.

Le contraste est saisissant : l’Atlético, habitué à imposer sa loi dans les matches couperets, a été réduit au silence par une équipe d’Arsenal qui, autrefois raillée pour son manque de caractère, affiche désormais une maturité de grand d’Europe.

Un fantôme vieux de vingt ans

Le dernier voyage d’Arsenal à ce stade de la compétition datait du 17 mai 2006. Ce soir-là, au Stade de France, les Londoniens avaient ouvert le score par Sol Campbell avant de craquer face au Barça de Ronaldinho (2-1), non sans avoir disputé près de soixante-dix minutes en infériorité numérique après l’expulsion de Jens Lehmann. Depuis, le club n’avait plus dépassé les quarts de finale, accumulant les désillusions et les éliminations précoces.

L’arrivée de Mikel Arteta en 2019 a progressivement redessiné le visage d’une équipe en quête d’identité. Après avoir renoué avec le titre en Premier League, le technicien espagnol avait fait de la Ligue des champions son obsession. « Nous avons brisé un plafond de verre, a-t-il sobrement confié en conférence de presse. Mais ce n’est pas une fin en soi. Le plus grand défi nous attend désormais. »

Budapest en ligne de mire

Arsenal disputera la finale le 30 mai 2026 à Budapest, en Hongrie, avec l’ambition de décrocher la première Ligue des champions de son histoire. L’adversaire sera connu ce mercredi soir : le Paris Saint-Germain ou le Bayern Munich viendra défier les Gunners pour le trône européen.

De l’aveu même de ses joueurs, Arsenal n’a pas encore touché le Graal. Mais en renversant l’Atlético de Madrid avec la maturité des grands, le club du nord de Londres a déjà rappelé au continent qu’il n’avait jamais cessé d’appartenir à l’élite. Après vingt ans d’absence, l’Europe n’a plus qu’à bien se tenir : Arsenal est de retour.

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