Trois défaites en trois matchs, zéro point, une équipe sans identité. Le bilan de Sébastien Migné au Mondial 2026 est sans appel. Le cri du peuple est clair : Migné doit être licencié. La Fédération Haïtienne de Football va-t-elle agir ou faire la sourde oreille comme les dirigeants politiques ?
Le peuple haïtien a crié. Dans les stades, sur les réseaux sociaux, dans les bars et les salons, une même voix s’élève, puissante et unanime : Migné doit être licencié. Après trois matchs, trois défaites, zéro point et une équipe sans identité, le sélectionneur français n’a plus la confiance du peuple haïtien.
Mais la Fédération Haïtienne de Football, elle, n’a toujours pas réagi. Elle observe, elle attend, elle laisse le temps passer. Les mêmes dirigeants qui, dans la politique, ferment les yeux sur la crise du pays, pourraient bien faire la même chose avec la sélection. Une erreur fatale.
Trois matchs, une équipe sans identité
Le bilan du Mondial 2026 est sans appel : trois défaites, dont 3-0 face au Brésil, 1-0 contre l’Écosse, et 4-2 contre le Maroc lors du dernier match de poule. Haïti termine dernière du groupe C, sans le moindre point engrangé.
Migné a beau parler d’apprentissage et de fierté collective, les faits sportifs racontent une autre histoire : celle d’une équipe qui n’a jamais su s’imposer une identité de jeu stable. Entre le 5-4-1 utilisé en majorité des qualifications et le changement de système en 4-2-3-1 puis 4-4-2 en pleine Coupe du monde, les choix tactiques du sélectionneur sont apparus erratiques, sans ligne directrice claire — un constat largement partagé dans la presse sportive haïtienne et régionale.
Le contraste qui dérange
Ce qui frappe surtout, c’est l’asymétrie du discours de Migné en conférence de presse. Interrogé avant le match décisif contre le Maroc, le sélectionneur français a multiplié les éloges envers l’adversaire et son entraîneur, Mohamed Ouahbi : un “grand travail”, une équipe “encore meilleure” que lors de la CAN, un sélectionneur dont “ce serait difficile de dire le contraire” qu’il fait du bon boulot.
Sur son propre projet pour Haïti ? Rien de comparable. Quand on l’interroge sur son propre bilan, Migné se contente de formules convenues : il a “ouvert des portes”, il reconnaît qu’il reste “une marge de progression”. Aucune vision tactique précise, aucune explication construite sur ce qu’il a réellement essayé de bâtir avec ce groupe.
Quand la presse et les supporters haïtiens ont critiqué son système de jeu, sa réponse a été cinglante : des commentaires “de bas étage”, “de bar”. Le même homme qui décortique avec admiration le travail du sélectionneur marocain n’a eu, pour son propre public, que du mépris.
Le cri du peuple
Les Haïtiens ne sont pas dupes. Ils ont vu leur équipe subir, sans révolte, sans plan, sans âme. Ils ont vu des joueurs talentueux évoluer sans repères, sans consignes claires, sans identité collective. Ils ont entendu un sélectionneur louer l’adversaire et mépriser ses propres critiques.
Le cri du peuple est unanime : assez. Cette génération de joueurs, la plus talentueuse depuis des décennies, mérite mieux. Elle mérite un projet, une vision, un sélectionneur qui croit en elle et qui assume ses choix. Pas un technicien qui se cache derrière des formules convenues et renvoie la responsabilité de son sort à d’autres.
Et la FHF dans tout ça ?
Face à cette colère, la Fédération Haïtienne de Football reste silencieuse. Aucun communiqué, aucune déclaration, aucune explication. Les mêmes dirigeants qui, dans le champ politique, ferment les yeux sur la crise du pays, pourraient bien faire la même chose avec la sélection.
Ils ont peut-être peur de reconnaître qu’ils se sont trompés. Peut-être attendent-ils que la tempête passe. Mais le temps n’efface pas l’évidence : Migné a perdu le soutien du peuple, des joueurs et de la presse. Le maintenir à son poste, c’est mépriser la colère d’une nation entière.
Ce que la FHF doit faire maintenant
La prochaine échéance, la Gold Cup en septembre, approche. Le pays ne peut pas se permettre de gâcher l’élan généré par cette qualification historique avec un sélectionneur qui a perdu le soutien de ses joueurs, de la presse et du public.
Le moment est venu pour la FHF de tirer les conclusions qui s’imposent et de licencier Sébastien Migné. Continuer avec lui, c’est risquer de dilapider une génération de talents qu’Haïti n’a pas connue depuis un demi-siècle.
Le peuple a parlé. La FHF doit écouter.