Une marche pacifique interrompue par des tirs

L’incident s’est produit alors que plusieurs dizaines d’étudiants de la Faculté de médecine défilaient dans les rues de Port-au-Prince pour exiger la réouverture de l’Hôpital général, principal établissement hospitalier public du pays, fermé depuis plusieurs mois en raison de l’insécurité. Selon des témoignages recueillis par la presse locale, des agents de la PNH ont fait usage de leurs armes à feu au moment où le cortège approchait de la Primature, provoquant un mouvement de panique dans la foule.

Un étudiant a été atteint par balle au bras. Il se trouve désormais alité, souffrant de vives douleurs, selon un témoignage recueilli par Radio Télé Métronome auprès d’un de ses camarades. La PNH a depuis annoncé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances des tirs.

Un climat de répression dénoncé par les organisations de défense des droits humains

Il s’agit du deuxième incident du genre en quelques semaines : des étudiants mobilisés pour la réouverture de l’hôpital ont déjà été visés par des violences policières lors d’une précédente manifestation. L’Organisation de défense des droits humains (ORDEDH) a dénoncé une répression policière et réclamé une enquête indépendante sur les faits.

Pour les manifestants, la réponse des autorités traduit un choix politique clair : celui de faire taire une mobilisation citoyenne plutôt que de répondre à une urgence sanitaire. « Ce sont toujours les mêmes qui deviennent victimes, sous les tirs de policiers zélés », déplore un participant à la marche, résumant un sentiment largement partagé parmi les protestataires quant à l’usage disproportionné de la force face à des mobilisations non armées.

Une colère qui vise directement la Primature

Loin de faire reculer les étudiants, l’incident a renforcé leur détermination. Les organisateurs de la mobilisation ont annoncé leur intention d’intensifier le mouvement dans les prochains jours. Plusieurs manifestants réclament désormais, au-delà de la réouverture de l’hôpital, le départ pur et simple du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils accusent d’avoir échoué à répondre aux besoins sanitaires de base de la population.

À l’heure actuelle, ni la Primature ni le ministère de la Santé publique et de la Population n’ont réagi publiquement à la blessure de l’étudiant, alimentant les critiques sur l’absence de dialogue entre le gouvernement et une jeunesse de plus en plus mobilisée.

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