Un carton rouge effacé dans des circonstances inédites
Expulsé lors du 16e de finale entre les États-Unis et la Bosnie-Herzégovine pour avoir marché sur la jambe d’un défenseur adverse, l’attaquant américain Folarin Balogun devait initialement manquer le 8e de finale contre la Belgique. Coup de théâtre dimanche : la commission de discipline de la FIFA a transformé la sanction en suspension avec sursis, lui permettant de disputer la rencontre. Selon plusieurs médias, dont l’agence AP, cette décision serait intervenue après un appel direct de la Maison Blanche auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino.
Une vague de critiques inédite dans le monde du football
La Fédération belge de football (RBFA) a réagi avec stupéfaction, dénonçant publiquement la décision. L’UEFA est allée plus loin, qualifiant la sanction levée de décision inédite, incompréhensible et injustifiable, rappelant que les règles disciplinaires ne devraient souffrir aucune exception, même en pleine compétition. L’ancien président de la FIFA Sepp Blatter s’est également ému de cette affaire, estimant que des sanctions sportives ne devraient jamais être annulées à la suite d’un appel politique.
Jürgen Klopp, aujourd’hui consultant pour Magenta TV et pressenti pour prendre la tête de la sélection allemande, a lui aussi exprimé son incompréhension face à ce qu’il juge être une remise en cause des fondements du sport. Plusieurs sélectionneurs, dont le Norvégien Ståle Solbakken et l’Anglais Thomas Tuchel, ont depuis appelé la FIFA à plus de cohérence dans ses décisions disciplinaires.
La France s’engouffre dans la brèche pour Michael Olise
Le précédent Balogun a rapidement trouvé un écho de l’autre côté de l’Atlantique. Averti en fin de match lors du 8e de finale entre la France et le Paraguay pour une altercation avec le Paraguayen Matías Galarza, Michael Olise se trouve désormais à un carton du forfait pour une éventuelle demi-finale. Les ralentis suggèrent que le milieu offensif du Bayern Munich n’a pas touché son adversaire, qui se serait écroulé sans contact réel.
La Fédération française de football a formellement saisi la FIFA le 5 juillet pour demander l’annulation de cet avertissement, s’appuyant explicitly sur le principe d’égalité de traitement établi par le dossier Balogun. La FFF affirme toutefois que sa demande repose sur le seul mérite du dossier Olise, indépendamment du contexte américain.
Une question de fond pour la suite du tournoi
Au-delà des deux dossiers individuels, c’est la cohérence globale de la commission de discipline de la FIFA qui se retrouve questionnée à ce stade de la compétition. Pour les observateurs les plus critiques, la gestion de ces deux affaires nourrit le sentiment d’un traitement à géométrie variable, susceptible de fragiliser la confiance dans l’arbitrage disciplinaire d’un tournoi déjà marqué par plusieurs polémiques. La FIFA n’a pas communiqué de délai précis pour statuer sur la demande française, la décision étant attendue avant le quart de finale France-Maroc du 9 juillet.










