Deux élites, deux niveaux de responsabilité
Pour Enomy Germain, l’échec structurel d’Haïti ne peut être attribué de manière uniforme à l’ensemble de la société. L’économiste établit une hiérarchie claire : en premier lieu, l’élite économique ; en second lieu seulement, l’élite politique. Une distinction qui tranche avec un discours plus commun, souvent centré sur la seule responsabilité des dirigeants politiques.
Selon lui, une partie de cette élite économique a tiré profit de l’appareil d’État sans jamais réinvestir dans le développement du pays. Il cite notamment les franchises douanières et les exonérations fiscales dont bénéficient certains acteurs économiques, sans que cela se traduise par des investissements structurants capables de soutenir une véritable relance économique nationale.
Un contexte politique qui interroge
L’analyse d’Enomy Germain prend une résonance particulière dans le contexte politique actuel : il rappelle que le pays est aujourd’hui dirigé par un homme d’affaires, tandis que la majorité des entreprises publiques haïtiennes ont fait faillite ces dernières années. Un constat qui, sans nommer directement de responsables, interroge sur la porosité entre pouvoir économique et pouvoir politique en Haïti.
Une intervention qui relance le débat sur les responsabilités
Ce commentaire s’ajoute à un débat récurrent en Haïti sur le partage des responsabilités dans la crise multiforme que traverse le pays économique, sécuritaire et institutionnelle. En pointant du doigt une partie de l’élite économique, Enomy Germain relance une question sensible : celle du rôle des grandes fortunes haïtiennes dans la construction, ou l’absence de construction, d’un modèle économique national durable.