Un gardien tombé sous les balles, loin des terrains
Saleem Khader Al-Ashqar évoluait comme gardien de but au sein du club Khadamat Khan Younis. Il a été tué lundi par l’armée israélienne à Al-Qarara, une localité située au nord-est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Au cours de sa carrière dans le championnat local, il avait également porté les couleurs des clubs Al-Aqsa et Al-Masdar.
Selon des proches cités par la PFA et l’agence de presse WAFA, Al-Ashqar s’était marié il y a seulement cinq mois. Son épouse attend leur premier enfant. Il était par ailleurs le seul garçon d’une fratrie de sept enfants.
L’annonce de sa mort a provoqué une vague d’émotion dans le monde du football. Le club chilien Deportivo Palestino, historiquement lié à la diaspora palestinienne, a publié un message de condoléances, saluant la mémoire d’un joueur « arraché à sa famille et à son sport ».
Un bilan qui continue de s’alourdir
La mort d’Al-Ashqar porte à plus de 1 000 le nombre de membres de la communauté sportive palestinienne tués depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023, dont plus de 560 issus du seul milieu du football, selon les chiffres communiqués par la PFA. Entraîneurs, arbitres, jeunes espoirs et joueurs de clubs amateurs figurent parmi les victimes recensées depuis près de trois ans.
La question qui divise : la FIFA et ses « deux poids, deux mesures »
La mort du gardien palestinien relance un débat récurrent depuis 2022 : celui de la cohérence des sanctions sportives internationales. Après l’invasion de l’Ukraine, la FIFA avait suspendu la Russie de toutes ses compétitions, l’excluant de fait des éliminatoires puis de la Coupe du monde.
Aujourd’hui, alors que la Coupe du monde 2026 se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, ni Israël ni les États-Unis engagés militairement ou diplomatiquement dans plusieurs conflits, dont la guerre à Gaza ne font l’objet de sanctions comparables de la part de l’instance dirigeante du football mondial. La Fédération palestinienne de football et plusieurs organisations de défense des droits humains réclament depuis des mois la suspension d’Israël, sans qu’aucune décision en ce sens n’ait été prise à ce jour par la FIFA.
Les partisans d’une suspension estiment que le précédent russe crée une obligation de traitement équivalent. La FIFA, de son côté, n’a pas publiquement justifié cette différence de traitement au-delà de considérations procédurales et juridiques propres à chaque dossier. Le débat reste ouvert, alimenté à chaque nouvelle perte humaine dans le milieu sportif palestinien.