Moins de 24 heures après la tragédie de la Citadelle Henry et les exigences formulées par l’UPADH, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a décrété trois jours de deuil national et ordonné la prise en charge des funérailles par l’État.
ModeInfo24.com – Le pouvoir a répondu vite. Très vite.
Dimanche 12 avril 2026, dans l’après-midi, un communiqué de la Primature tombait : trois jours de deuil national et une prise en charge intégrale des obsèques par l’État. Une décision qui intervient quelques heures seulement après une note incendiaire de l’Union des Patriotes pour le Développement d’Haïti (UPADH) .
La veille, samedi 11 avril, une bousculade meurtrière à la Citadelle Henry joyau historique classé à l’UNESCO faisait plusieurs morts et de nombreux blessés. En cause : une activité non autorisée, massivement promue sur TikTok, sans le moindre dispositif de sécurité.
« L’incapacité des autorités à protéger nos vies »
Dans la matinée de dimanche, l’UPADH, par la voix de son Secrétaire général Emmanuel JOSEPH, publiait une note de presse cinglante.
« Ce drame révèle une fois de plus l’incapacité des autorités à protéger nos vies. »
Le parti exigeait alors quatre mesures immédiates :
- Une enquête indépendante et transparente.
- Des sanctions exemplaires contre les organisateurs et les autorités locales.
- Un protocole national de sécurité pour les lieux historiques.
- La prise en charge des blessés et des obsèques par l’État.
Le gouvernement passe à l’action
À 16 heures, le Conseil des ministres extraordinaire, tenu en visioconférence sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accouchait d’une série de décisions alignées sur les exigences de l’UPADH.
- Deuil national : drapeau en berne les mardi 14, mercredi 15 et jeudi 16 avril.
- Funérailles prises en charge par l’État.
- Action publique immédiate : les auteurs présumés seront déférés devant la justice.
- Mission du ministre de l’Intérieur dépêché dans le Nord pour présenter les condoléances officielles.
« Une première victoire, mais nous restons vigilants »
Joint par téléphone, Jean Lecaine JOSEPH a réagi avec une satisfaction prudente.
« Nous prenons acte. C’est une première victoire pour la dignité des victimes. Mais l’enquête doit être indépendante et les sanctions doivent tomber. Nous restons vigilants. »
Le leader de l’UPADH a également réitéré son appel à l’unité nationale, invitant « toutes les forces vives » à rejoindre le parti.
L’UPADH propose une refondation souveraine pour Haïti à l’approche du terme de la transition
Et maintenant ?
Si le gouvernement a rapidement satisfait deux des quatre exigences, deux autres restent en suspens : les sanctions contre les autorités locales défaillantes et la création d’un protocole de sécurité pour les sites patrimoniaux.
Le drame de la Citadelle Henry aura au moins eu un mérite : montrer qu’une pression politique bien ciblée peut faire bouger les lignes. Reste à savoir si l’exécutif ira jusqu’au bout.
Les trois jours de deuil national débutent ce mardi 14 avril.
