Téhéran, 4 avril 2026 – La guerre ne semble pas affecter les affaires pétrolières iraniennes. Ce samedi, Mousa Ahmadi, président de la commission de l’Énergie du Parlement iranien, a livré un constat qui surprend les observateurs : les exportations de pétrole de l’Iran ont augmenté depuis le début de la guerre israélo‑américaine contre l’Iran.

« À la suite des visites et réunions menées sur l’île de Kharg, je dois dire que ces derniers jours, non seulement les exportations de pétrole n’ont pas diminué, mais elles ont augmenté » , a-t-il affirmé à l’agence ISNA.

L’île de Kharg, terminal vital qui concentre 80 à 90 % des exportations de brut iranien, reste opérationnelle. Ses supertankers continuent de charger, malgré les bombes et les menaces.

L’île de Kharg, cible privilégiée, tient bon

Depuis le 28 février, date du début de l’offensive conjointe israélo‑américaine, l’Iran a subi de multiples frappes. Le 13 mars, des missiles américains ont visé des installations militaires sur l’île de Kharg. Donald Trump avait menacé à plusieurs reprises de « détruire complètement » ce symbole de l’économie iranienne si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert.

Pourtant, les infrastructures pétrolières ont été délibérément épargnées. Selon des analystes, Washington et Tel‑Aviv craignent une flambée des prix du pétrole à l’approche des élections de mi‑mandat américaines. Résultat : les supertankers continuent de naviguer.

Selon des données satellitaires, trois très gros pétroliers (VLCC) chargent chaque jour à Kharg, chacun pouvant emporter environ 2 millions de barils. Ces navires font partie de la flotte « fantôme » (dark fleet), déjà sous sanctions américaines, mais ils opèrent sans entrave majeure.

Prêts pour tous les scénarios

Mousa Ahmadi a également insisté sur l’état de préparation du pays :

L’Iran a élaboré des plans complets et pris toutes les dispositions nécessaires pour faire face aux situations de guerre.

Il a assuré que l’approvisionnement en carburant sur tout le territoire iranien est maintenu sans problème, et que les infrastructures gazières du champ de South Pars ont été sécurisées après les frappes israéliennes.

Ces déclarations visent autant à rassurer la population iranienne qu’à envoyer un message à Washington et Tel‑Aviv : Téhéran ne sera pas affamé.

La Chine, client discret mais fidèle

L’augmentation des exportations ne serait pas possible sans un client majeur : la Chine. Pékin continue d’importer du pétrole iranien via des pétroliers sous sanctions, souvent en transbordement en Malaisie ou en utilisant des identifiants falsifiés.

Récemment, le pétrolier Ping Shun a modifié sa route en pleine mer pour livrer 600 000 barils en Chine, après avoir initialement signalé l’Inde comme destination. Ce type de manœuvre est devenu courant.

Les États-Unis, malgré leur présence militaire dans le Golfe, ne semblent pas en mesure d’intercepter ces navires sans déclencher une escalade majeure avec Pékin.

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Part des exportations passant par Kharg 80–90 %
Volume journalier moyen chargé (estimé) 3 VLCC (≈ 6 millions de barils)
Capacité d’un VLCC 2 millions de barils
Principale destination Chine (via flotte fantôme)
Date de la menace de Trump 26 mars 2026 (« détruire complètement » Kharg)

Un bras de fer qui dure

Le président Trump a posé ses conditions pour un cessez‑le‑feu : réouverture complète du détroit d’Ormuz et un accord de paix. Jusque‑là, il a menacé de « bombarder l’Iran jusqu’à l’anéantissement ».

Mais Téhéran, fort de décennies de contournement des sanctions, semble avoir trouvé une parade. L’augmentation des exportations est aussi un message politique : la guerre ne se joue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi sur les marchés.


Ce qu’il faut retenir

1- Les exportations iraniennes de pétrole augmentent malgré la guerre israélo‑américaine.
2- L’île de Kharg reste opérationnelle, défiant les menaces de destruction de Donald Trump.
3- La Chine continue d’acheter via une flotte fantôme que Washington ne parvient pas à intercepter.
4- L’Iran affirme être prêt pour tous les scénarios, y compris une destruction partielle de ses infrastructures.
5- Les prix du pétrole restent sous tension, avec un baril de Brent flirtant avec les 100 dollars.

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