La République Démocratique du Congo concentre à elle seule près des trois quarts de la production mondiale de cobalt, ce métal indispensable aux batteries des téléphones, des voitures électriques et des centres de données qui font tourner l’intelligence artificielle. Une position dominante qui donne à un seul pays le pouvoir de faire basculer tout un marché.
Le pays l’a déjà démontré : l’an dernier, il a suspendu ses exportations de cobalt pendant plusieurs mois, provoquant plus qu’un doublement des prix mondiaux du métal.
Un obstacle qui n’est pas sous terre, mais en surface
L’essentiel du problème n’est pas dans le sous-sol : c’est en surface que tout se bloque. Routes dégradées, rail limité, réseau électrique instable et ports saturés, auxquels s’ajoutent des délais d’autorisations environnementales et des risques sécuritaires, laissent les minerais s’accumuler sans pouvoir sortir du pays.
« L’Afrique extrait la roche brute la fortune se fabrique ailleurs. »
Jack Prandelli — analyse minière
Pendant que l’Occident tergiversait, la Chine, elle, a investi massivement : pas seulement dans l’achat de mines, mais dans toute la chaîne — routes d’accès et usines capables de transformer le minerai brut en métal utilisable par l’industrie des batteries. Des entreprises chinoises exploitent aujourd’hui deux des plus grandes mines de cobalt du pays, et près de 80 % du cobalt mondial est raffiné en Chine.
Extraire sans transformer : le vrai scandale
L’Afrique exporte la roche brute mais n’en raffine qu’environ 3 % elle-même. Le pays qui extrait la matière première ne récupère qu’une fraction infime de sa valeur, pendant que l’essentiel de la richesse se crée à l’étranger. Washington tente désormais de rattraper son retard, avec un accord minier en discussion avec Kinshasa, et des pourparlers évoquant Erik Prince, fondateur de Blackwater, sur la sécurisation des revenus miniers congolais.
Ce qu’il faut retenir
- La RDC produit environ trois quarts du cobalt mondial.
- Une suspension des exportations a fait plus que doubler les prix en 2025.
- Près de 80 % du cobalt mondial est raffiné en Chine.
- L’Afrique ne raffine qu’environ 3 % de ses propres minerais.
« Celui qui construit la route de sortie garde la récompense. »
Jack Prandelli — analyse minière
DIPLOMATIE
Washington et Kinshasa vers un accord minier
Les négociations en cours évoquent notamment un rôle d’Erik Prince, fondateur de Blackwater, dans la sécurisation des revenus miniers congolais.
ÉCONOMIE
Le cuivre suit la même trajectoire haussière
Porté par la demande des réseaux électriques et des centres de données liés à l’intelligence artificielle, le cuivre congolais voit lui aussi ses prix grimper.
ANALYSE
Extraire ne suffit plus, il faut transformer
Le prochain cycle des matières premières récompensera moins ceux qui possèdent les minerais que ceux capables de les acheminer et de les raffiner.









