Dans une interview au ton solennel, l’ancien présentateur de Fox News, Tucker Carlson, a suggéré que les motifs religieux pourraient être le véritable moteur des puissants dirigeants engagés dans le conflit qui embrase le Moyen-Orient. Une intervention qui braque les projecteurs sur l’angle mort des chancelleries : la foi.
C’est une voix puissante de l’Amérique conservatrice qui vient de jeter un pavé dans la mare géopolitique. Tucker Carlson, connu pour ses prises de position tranchées, a accordé une interview à Mario Nawfal dans laquelle il avance une thèse inconfortable : la dimension religieuse du conflit entre Israël et l’Iran n’est pas anecdotique, mais centrale.
« La plupart des gens en Israël croient en une ‘terre promise’, et le gouvernement israélien admet presque qu’il se bat pour cela », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « On ne peut pas ignorer la religion en politique au moment où l’approvisionnement mondial en pétrole dépend de la recherche d’un compromis entre l’Iran et Israël. »
Pour Carlson, le réalisme géopolitique enseigné dans les universités occidentales passerait à côté de l’essentiel : « Certains des chefs d’État les plus puissants du monde sont motivés par des motifs religieux », a-t-il affirmé, sans toutefois citer de noms précis.
Un conflit qui ne peut se réduire à une simple équation pétrolière
Cette déclaration a immédiatement trouvé un écho, car elle touche à une vérité souvent euphémisée. Si les discours officiels justifient les interventions armées par la sécurité nationale ou la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, les appels à la « défense de la patrie sacrée » se multiplient en coulisses, tant du côté israélien qu’iranien.
L’insistance de Tucker Carlson survient alors que le conflit entre dans une phase critique. La veille de l’interview, Israël déclenchait sa plus grande vague de frappes contre des cibles en Syrie, dont des installations de production d’armes iraniennes, affirmant vouloir perturber les chaînes d’approvisionnement du Hezbollah au Liban. Le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, a déclaré que son pays ne se contenterait pas de réagir, mais allait « remodeler l’architecture sécuritaire du nord ». Au même moment, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, ordonnait au groupe aéronaval Abraham Lincoln de rester stationné dans le golfe d’Oman, exerçant une pression maximale sur Téhéran alors même que les États-Unis tentent de renforcer le cessez-le-feu prolongé.
La religion, clé oubliée du conflit ?
La charge de Tucker Carlson rappelle à quel point la diplomatie moderne peine à intégrer la foi comme variable d’analyse. Pourtant, l’Iran est une théocratie assumée. Ses dirigeants ne séparent pas l’ordre temporel de l’ordre spirituel, et le Guide suprême Ali Khamenei s’exprime souvent en termes messianiques. Quant au gouvernement israélien, il repose sur une coalition qui défend ouvertement l’idée d’une souveraineté biblique sur les territoires contestés.
Face à cette réalité, la question posée par l’ancien polémiste de Fox News est simple mais dérangeante : peut-on négocier une paix durable entre des protagonistes convaincus de défendre une promesse divine ? L’administration Trump, qui voit dans les accords d’Abraham une feuille de route possible, mise sur l’économie et la normalisation des relations diplomatiques. Encore faut-il que les acteurs du conflit acceptent de mettre leurs eschatologies respectives en sourdine.
Prochain rendez-vous diplomatique au Pakistan
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio doit rencontrer le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi mardi à Islamabad pour tenter d’arracher une percée diplomatique. Une rencontre à haut risque, qui se déroulera dans un Pakistan suspendu aux retombées d’un conflit qui menace la stabilité de toute la région. La position israélienne, elle, reste inchangée : le démantèlement de l’infrastructure militaire iranienne est un préalable à toute négociation.
Sources : Interview de Tucker Carlson avec Mario Nawfal, Reuters, Associated Press, Al Jazeera.