Le 12 juin dernier aurait pu marquer une révolution silencieuse pour les régions oubliées d’Haïti. Tandis que Sunrise Airways réapparaît sur le tarmac haïtien avec un coup de pouce de 11 millions de dollars américains alloué par l’État, IBC Airways, sans tambours ni fanfare, réussit son vol test entre l’aéroport Antoine Simon des Cayes et Miami. Deux trajectoires opposées, une même date, mais une injustice flagrante.

IBC Airways : Une initiative bloquée par le silence institutionnel 

IBC n’a pas attendu de subvention publique pour rêver grand. Avec l’aval technique de l’OFNAC et de la FAA, une équipe formée et prête à décoller, la compagnie ne demande à l’AAN qu’une autorisation simple : installer des containers pour loger ses services à l’aéroport des Cayes. Mais six lettres officielles restent sans réponse. Une absence de communication qui paralyse tout un projet et reflète une posture institutionnelle trop souvent hostile à l’innovation non sponsorisée.

Sunrise Airways : Subventionnée… mais élitiste? 

Pendant ce temps, Sunrise Airways, malgré le soutien financier massif de l’État, propose des tarifs qui frôlent l’indécence pour la majorité des citoyens. Où sont donc passés les intérêts de la population dans cette équation? Une compagnie soutenue par des fonds publics devrait, en toute logique, offrir des tarifs accessibles à ceux qui l’ont financée — les contribuables.

AAN : régulateur ou arbitre partial? 

Dans ce climat de favoritisme apparent, l’Autorité Aéroportuaire Nationale ne joue plus son rôle de régulateur équitable. En bloquant IBC sans justification transparente, elle sabote une opportunité majeure de désenclaver le Sud, tout en renforçant un monopole aux tarifs prohibitifs. La décentralisation tant chantée dans les discours gouvernementaux devient alors une chimère, un slogan creux sans portée réelle.

Ce que ce vol Cayes-Miami aurait représenté 

Ce n’est pas qu’une liaison aérienne que la population réclame — c’est une ouverture symbolique vers un autre modèle de développement. Un modèle où toutes les régions ont leur place dans le système économique national, où l’initiative privée est encouragée, et où les institutions œuvrent au service du peuple, non contre lui.

Conclusion 

Les décisions de l’État haïtien et de ses institutions comme l’AAN doivent cesser de refléter des intérêts particuliers au détriment du bien commun. Mode Info 24 invite ses lecteurs à rester vigilants, à poser des questions, et à exiger que la transparence, l’équité et l’accessibilité soient au cœur des politiques publiques. Car ce n’est pas en favorisant une compagnie au détriment des autres que le pays décollera — c’est en choisissant de voler tous ensemble.

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