Alors que le pays commémore la fête de l’Agriculture et du Travail, le Centre de Développement des Enfants et des Jeunes (CDEJ) HA-0810 a troqué les discours contre des actes. Sous l’impulsion de sa nouvelle directrice, Mme Paulna, chaque enfant a mis en terre un arbre fruitier. Une leçon de souveraineté alimentaire qui commence à hauteur d’enfant.
Il est 8h30 précises, ce jeudi 1er mai 2026, lorsque les premiers plants sont confiés aux petites mains. Cocotiers, citronniers, papayers, oliviers, cerisiers : des centaines d’arbres fruitiers s’apprêtent à prendre racine. Nous ne sommes pas dans une exploitation agricole modèle, mais au Centre de Développement des Enfants et des Jeunes (CDEJ) HA-0810, quelque part en Haïti, où une femme a décidé que l’avenir se planterait avec les enfants.
Cette femme, c’est Mme Paulna, la nouvelle directrice du centre. Joint par téléphone, sa voix ne tremble pas. Elle porte une conviction qui a la solidité des grandes causes. « C’est une obligation pour que les enfants sachent l’importance de l’agriculture et prennent des engagements dès leur plus jeune âge », assène-t-elle d’emblée.
« Ayiti ka bay tèt li manje » : un slogan, une vision
L’opération n’a rien d’improvisée. Depuis le mois de mars, le centre prépare ce reboisement d’un genre particulier – ni purement écologique, ni purement symbolique. Les enfants ont appris à semer, à arroser, à protéger les jeunes pousses. Une partie des plants a été produite sur place, le reste acheté par la direction pour garantir une diversité d’essences fruitières.
« Nous avons commencé à préparer les plantules avec les enfants il y a plusieurs semaines. Ils ont appris à les arroser, à les protéger, et aujourd’hui ils les mettent en terre. C’est une leçon de patience et de responsabilité », explique Mme Paulna.
Son credo tient en une phrase, qu’elle martèle comme un manifeste : « Ayiti ka bay tèt li manje si nou envesti nan agrikilti. » Haïti peut se nourrir lui-même, si l’on investit dans l’agriculture. Un slogan qui, au CDEJ HA-0810, n’est pas affiché sur un mur, mais planté dans le sol.
Un trio gagnant : centre, église, ONG
Un tel projet ne se réalise pas seul. Mme Paulena tient à saluer « le précieux support financier de Compassion International », ainsi que « l’engagement indéfectible du comité de l’église des Frères-Unis ». Sans ces appuis, l’initiative serait restée à l’état de rêve.
« Leur accompagnement nous permet de concrétiser notre vision, qui est de former une génération consciente de la valeur de la terre et capable de nourrir son pays », souligne-t-elle avec gratitude. Un partenariat public-privé-communautaire qui fonctionne, loin des tambours de la capitale.
Des racines et des ailes
L’activité ne se limitera pas à un site pilote. Mme Paulna l’assure : le programme de plantation sera étendu « à toutes les localités où le CDEJ intervient ». Elle en fait une affaire personnelle, presque existentielle : « Chaque enfant doit pouvoir planter son arbre, et chaque communauté doit comprendre que notre richesse est dans la terre. »
Ce leadership, à la fois pédagogue et déterminé, donne un souffle nouveau au CDEJ HA-0810. En liant éducation, protection de l’environnement et souveraineté alimentaire, Mme Paulena trace un sillon qui pourrait bien inspirer d’autres centres à travers le pays.
Mode Info 24 salue cette mobilisation qui rappelle une vérité trop souvent oubliée : l’avenir d’Haïti ne se décrète pas dans les palais. Il se plante, s’arrose et se cultive, patiemment, avec les mains de la jeunesse. Et si, pour une fois, on laissait les enfants nous montrer le chemin ?
