Le sénateur républicain Rick Scott a exposé une vision radicale de l’influence des États-Unis en Amérique latine, déclarant que le changement de régime était en cours dans la région et annonçant une série d’interventions politiques. Des propos qui ont immédiatement enflammé les réseaux sociaux et les chancelleries, ravivant le spectre de l’impérialisme américain.

« C’est le début du changement pour le Venezuela, ensuite nous allons réparer Cuba, le Nicaragua sera réparé, l’année prochaine nous aurons un nouveau président en Colombie. La démocratie revient dans cet hémisphère », a-t-il affirmé dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux.

Ses commentaires interviennent dans un contexte de pression accrue de Washington sur Caracas et sont perçus comme la formulation la plus directe et la plus provocante d’une doctrine d’ingérence active depuis des années. L’utilisation répétée du verbe « réparer » pour désigner des nations souveraines a particulièrement choqué.

Un rejet unanime et immédiat

La réaction à travers l’Amérique latine n’a pas tardé. Des représentants de gouvernements de différents bords politiques, ainsi que des analystes et des organisations régionales, ont exprimé un rejet catégorique de cette rhétorique.

Le ministère des Affaires étrangères mexicain a rappelé, dans un communiqué, « les principes fondamentaux du droit international, tels que la non-intervention dans les affaires intérieures des États et l’autodétermination des peuples ». Des sources diplomatiques brésiliennes ont qualifié les propos de « régressifs et dangereux », susceptibles de « déstabiliser tout le continent ».

Même des figures politiques traditionnellement alignées sur Washington ont exprimé leur malaise, soulignant que ce langage nuisait aux relations de partenariat et de respect mutuel que beaucoup tentent de construire.

Un contexte déjà tendu

Cette sortie publique du sénateur Scott, ancien gouverneur de Floride connu pour ses positions ultra-conservatrices, risque de compliquer considérablement la diplomatie régionale. Elle alimente les tensions déjà vives autour du Venezuela et donne des arguments aux gouvernements critiques des États-Unis, qui dénoncent une nouvelle fois une attitude « néo-coloniale ».

Les observateurs voient dans cette déclaration moins l’annonce d’une politique officielle de la Maison Blanche qu’une manœuvre de politique intérieure visant à galvaniser une base électorale. Néanmoins, elle illustre le fossé profond qui persiste entre une certaine vision américaine de son rôle dans l’hémisphère et les principes de souveraineté et de non-ingérence défendus avec vigueur par la majorité des pays latino-américains.

La façon dont l’administration en place répondra, ou non, à cette provocation sera scrutée à la fois à Washington et dans toutes les capitales de la région, où l’Histoire longue et souvent douloureuse des interventions américaines reste vivace.

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