Plus de 300 juges fédéraux, dont des nommés par Trump, rejettent la détention systématique des migrants
Une vague de rejets judiciaires submerge la politique de détention migratoire de l’administration Trump. Plus de 300 juges fédéraux – nommés par des présidents de Reagan à Biden – ont ordonné la libération ou une audition sous caution pour des migrants dans plus de 1 600 affaires, selon une analyse exclusive de POLITICO.
Cette révolte juridique cible un virage radical opéré en juillet : l’ICE (Services de l’immigration et des douanes) a étendu la « détention obligatoire » à presque toute personne sans statut légal, mettant fin à trente ans de pratique qui protégeaient les résidents de longue date. Les tribunaux jugent cette extension souvent illégale.
Parmi les juges ayant contredit l’administration, on compte 33 nommés par Donald Trump lui-même. Seulement 14 juges ont soutenu sa position, dont 11 sont ses propres nominés.
« Le gouvernement peut expulser, mais la manière dont nous traitons les autres compte », a écrit le juge Arun Subramanian dans une décision emblématique, dénonçant des transferts inexpliqués et des détentions indéfinies.
L’administration justifie sa rigueur par un « pouvoir légal » négligé par ses prédécesseurs et dénonce une « politique de relâchement » sous Biden. Elle fait appel des décisions défavorables, visant in fine la Cour suprême.
En parallèle, une autre politique est attaquée : la détention prolongée de migrants dont le pays d’origine refuse le retour. Des juges ordonnent des libérations face à des situations qualifiées d’inhumaines.
Malgré un consensus judiciaire écrasant, l’offensive se poursuit, submergeant les tribunaux de requêtes individuelles qui empêchent une contestation collective unifiée. La bataille ne prendra fin qu’avec une décision d’une cour d’appel fédérale, ou de la Cour suprême.