Rome, 31 mars 2026 – Le cauchemar a recommencé. Pour la troisième fois consécutive, l’Italie manquera la Coupe du monde. Éliminée par la Bosnie-Herzégovine en barrage retour (1-1, 4 t.a.b. à 1), la Nazionale a sombré dans une nuit d’impuissance qui restera gravée dans l’histoire comme l’un des plus grands désastres du football mondial.
Une nation quatre fois championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006) n’avait jamais connu une telle série noire. Après l’absence au Mondial 2018 en Russie, puis celle au Qatar en 2022, l’Italie ratera donc l’édition 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
LE SCÉNARIO CATASTROPHIQUE DU BARRAGE À SARAJEVO
Le match retour à Sarajevo avait pourtant bien commencé pour les hommes de Luciano Spalletti. Menant 1-0 après un but de Giacomo Raspadori, la Squadra Azzurra semblait tenir son billet. Mais en seconde période, le défenseur Alessandro Bastoni a été exclu pour un second carton jaune, laissant les Italiens en infériorité numérique.
Les Dragons bosniens, portés par un public en fusion, ont profité de cette supériorité pour égaliser en fin de match par Edin Džeko, l’emblématique capitaine âgé de 40 ans. Prolongation, puis séance de tirs au but fatale. Sur les quatre tireurs italiens, trois ont manqué leur cible. La Bosnie s’est imposée 4 t.a.b. à 1 et décroche son billet pour le Mondial 2026, tandis que l’Italie sombre une nouvelle fois dans l’abîme.
UNE SÉRIE NOIRE SANS PRÉCÉDENT
Édition Statut
Mondial 2018 (Russie) Non qualifiée (éliminée en barrages par la Suède)
Mondial 2022 (Qatar) Non qualifiée (éliminée en barrages par la Macédoine du Nord)
Mondial 2026 (États-Unis, Canada, Mexique) Non qualifiée (éliminée par la Bosnie-Herzégovine)
L’Italie devient ainsi la première nation quadruple championne du monde à manquer trois éditions consécutives. Un record négatif qui dépasse même la crise de l’Uruguay des années 1980 ou celle de l’Angleterre post‑1994.
HONTE NATIONALE : LA PRESSE ITALIENNE ÉTRILLE LA NATIONALE
Les titres de la presse italienne sont sans équivoque :
– La Gazzetta dello Sport : « Vergogna nazionale » – « Honte nationale ».
– Corriere dello Sport : « Caduta senza fine » – « Chute sans fin ».
– Tuttosport : « L’incubo continua » – « Le cauchemar continue ».
Les éditorialistes ne cachent pas leur désarroi. Plusieurs pointent du doigt la gestion de la fédération, le manque de renouvellement générationnel et l’absence d’un projet structurel depuis le sacre de 2006.
« C’est un échec qui dépasse le simple résultat sportif. C’est le symptôme d’un système qui a cessé de produire, qui n’a pas su anticiper le déclin » , écrit un chroniqueur de La Repubblica.
VINGT ANS APRÈS LE SACRE DE 2006 : LA FIN D’UN CYCLE
Ce nouveau désastre intervient vingt ans après le dernier titre mondial de l’Italie, remporté en 2006 face à la France. À l’époque, la Nazionale de Fabio Cannavaro, Francesco Totti et Andrea Pirlo semblait encore capable de dominer le monde. Vingt ans plus tard, la génération dorée n’est plus qu’un souvenir, et aucun successeur n’a pris la relève.
Depuis 2006, l’Italie n’a plus jamais dépassé les huitièmes de finale d’une Coupe du monde (2014) et n’a même plus participé aux trois dernières éditions.
QUEL AVENIR POUR LA SQUADRA AZZURRA ?
Luciano Spalletti, arrivé à la tête de la sélection après l’échec de Roberto Mancini, n’a pas réussi à inverser la tendance. Son contrat court jusqu’en 2027, mais sa démission est désormais évoquée.
La Fédération italienne (FIGC) devra, une fois de plus, entreprendre une refonte totale de sa politique de formation et de détection des talents. Le football italien, qui dominait les années 1990 et 2000, est aujourd’hui à la croisée des chemins. L’absence de qualification pour le Mondial 2026 pourrait avoir des conséquences financières et médiatiques considérables.
POUR NOS LECTEURS HAÏTIENS
Pour Haïti, qui disputera sa deuxième Coupe du monde cette année, l’échec italien est un avertissement. Il rappelle que la qualification est un exploit, mais que la construction d’un projet durable passe par une formation continue et une gestion rigoureuse. La sélection haïtienne, qui évoluera dans le groupe C face à l’Écosse, le Brésil et le Maroc, tentera d’éviter le même écueil que l’Italie : celui de ne pas capitaliser sur un moment de gloire.