Dans une lettre adressée au Conseil Électoral Provisoire ce dimanche 12 avril, le Collectif 4 Décembre 2013 dénonce un processus électoral menacé par la prolifération anarchique des partis politiques. Jean-Robert Argant, son coordonnateur, réclame des mesures radicales pour sauver la crédibilité du vote.
(ModeInfo24.com) – Le compte à rebours électoral est lancé, mais le signal d’alarme retentit déjà. À Port-au-Prince, le Collectif 4 Décembre 2013 a officiellement saisi le Conseil Électoral Provisoire (CEP) ce dimanche 12 avril 2026 pour exprimer « une profonde inquiétude » face à la dérive du processus en cours.
En cause : l’annonce de la participation potentielle de plus de 280 partis politiques aux prochaines joutes. Un record mondial qui, selon l’organisation de la société civile, mène tout droit à une impasse démocratique.
Un bulletin de vote “ahurissant”
« La participation projetée de plus de 280 partis politiques constitue une situation sans précédent aux conséquences majeures », écrit Jean-Robert Argant dans la missive dont Mode Info 24 a obtenu copie.
Le constat est sans appel. Pour le Collectif, un tel émiettement politique rendrait le scrutin techniquement ingérable et politiquement illisible.
- Des bulletins de vote surchargés et impossibles à dépouiller sereinement.
- Une offre politique illisible pour des millions d’électeurs.
- Une légitimité des vainqueurs fatalement affaiblie par une dispersion massive des voix.
« Aucune démocratie ne peut se consolider sur une telle fragmentation. Maintenir l’actuel cap sans corrections profondes reviendrait à organiser un scrutin fragile et moribond dès sa proclamation », prévient la lettre.
Sept coalitions maximum : la proposition choc
Plutôt qu’une simple critique, le Collectif 4 Décembre 2013 soumet au CEP une feuille de route en trois points pour éviter le naufrage.
1. Regrouper ou périr
L’organisation suggère d’encourager activement les partis à se fédérer autour de sept grandes coalitions ou plateformes maximum. L’objectif : dégager des blocs politiques forts, représentatifs et capables de gouverner.
2. Filtrer les candidats à la Présidence
Le Collectif appelle à l’instauration de « critères rigoureux pour les candidatures à la haute magistrature ». Une manière de professionnaliser la course à la plus haute fonction de l’État.
3. Réserver l’argent public aux plus représentatifs
Enfin, le Collectif propose de réviser les règles de financement public des campagnes. Seules les formations ayant prouvé une « représentativité significative vérifiée » pourraient prétendre aux fonds de l’État.
“Pas d’élections de façade”
Le ton de la correspondance se durcit dans sa conclusion. Jean-Robert Argant y engage la responsabilité personnelle des conseillers électoraux.
« Notre pays n’a pas besoin d’élections de façade, mais d’un processus crédible, lisible, libre, accepté et sécurisé. Chaque décision posée engagera directement la responsabilité du Conseil Électoral devant la Nation et devant l’Histoire », assène le texte.
Copie de l’alerte a été transmise au Pouvoir Exécutif par intérim. À cette heure, le CEP n’a pas encore réagi officiellement. Mais le message est clair : pour le Collectif 4 Décembre, le temps des ajustements cosmétiques est révolu.