Joint au téléphone par la rédaction de Mode Info 24 avant son point presse de ce dimanche 12 avril, le Secrétaire Général du Collectif des Enseignants et Enseignantes en Lutte pour une Éducation de Qualité (CEELEQ), Jean Duteau DUGER, annonce son soutien total au mouvement de grève prévu ce lundi. L’organisation exige l’annulation de la récente hausse des prix du carburant, l’application de l’accord du 20 janvier 2025, de meilleures conditions de travail pour les professeurs et des mesures concrètes pour soulager les parents d’élèves.
(ModeInfo24.com) – La tension monte dans le secteur éducatif haïtien. À la veille d’une journée de mobilisation nationale, Jean Duteau DUGER, Secrétaire Général du Collectif des Enseignants et Enseignantes en Lutte pour une Éducation de Qualité (CEELEQ) , a accordé un entretien téléphonique à la rédaction de Mode Info 24, quelques heures avant son point presse officiel de ce dimanche 12 avril 2026.
L’occasion pour le leader syndical de confirmer l’appui total de son organisation au mouvement de grève prévu ce lundi 13 avril, et de détailler l’ensemble des revendications portées par le CEELEQ.
Un soutien sans équivoque à la grève
« Nous sommes aux côtés de tous les enseignants et enseignantes qui diront non à l’injustice sociale ce lundi. La grève est un droit constitutionnel, et aujourd’hui, elle est un devoir moral face à l’indifférence des autorités », a déclaré Jean Duteau DUGER au téléphone.
Le leader du CEELEQ justifie cette position par l’accumulation de frustrations au sein du corps enseignant, mais également au sein des familles haïtiennes, étranglées par la flambée des prix.
Exiger le retour sur la hausse du carburant
Au cœur des revendications portées par le CEELEQ figure l’annulation pure et simple de la récente augmentation des prix des produits pétroliers. Pour rappel, depuis le 2 avril 2026, le gallon de gazoline est passé de 560 à 725 gourdes, tandis que celui du diesel a grimpé de 620 à 850 gourdes.
« Cette décision est brutale et injustifiable dans le contexte actuel. Le gouvernement ne peut pas imposer une telle charge sur le dos d’une population déjà à genoux sans prévoir la moindre mesure d’accompagnement », a tonné Jean Duteau DUGER.
Le CEELEQ souligne que cette hausse a des conséquences directes et dramatiques sur le quotidien des enseignants. « Comment voulez-vous qu’un professeur qui touche 18 000 gourdes par mois puisse à la fois payer son transport pour se rendre à l’école, acheter de quoi manger et assumer les frais scolaires de ses propres enfants ? C’est tout simplement inacceptable et inhumain », s’est indigné le Secrétaire Général.
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L’accord du 20 janvier 2025 toujours pas appliqué
Au-delà de la question urgente du carburant, le CEELEQ rappelle au ministre de l’Éducation nationale, M. Vijonet Déméro, ses engagements antérieurs. L’organisation exige l’application immédiate et intégrale de l’accord du 20 janvier 2025, signé entre le MENFP et plusieurs organisations syndicales après des semaines de mobilisation.
« Cet accord prévoit des avancées concrètes : revalorisation salariale, nomination des enseignants contractuels, amélioration des infrastructures. Mais aujourd’hui, plus d’un an après, qu’est-ce qui a changé pour l’enseignant qui se lève à 5h du matin et qui n’a même pas 100 gourdes pour payer sa moto-taxi ? Rien ! Absolument rien ! », a fulminé Jean Duteau DUGER.
Le leader syndical accuse le ministre de jouer la montre et de pratiquer une forme de favoritisme dans le dialogue social. « Nous constatons que le ministre Déméro choisit à sa guise à quel groupe de syndicats il veut parler. Il discute avec certains, ignore les autres. Cette attitude discriminatoire est une insulte à l’ensemble du corps enseignant et ne fait qu’attiser la colère », a-t-il dénoncé.
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Une mobilisation nationale en vue si rien ne bouge
« Nous demandons solennellement au ministre Vijonet Déméro d’appliquer l’accord du 20 janvier 2025 avant que les enseignants ne commencent à se mobiliser sur toute l’étendue du territoire national. Et quand je dis mobilisation, cela inclut toutes les formes de mobilisation légitimes. La patience du corps enseignant a atteint ses limites. »
Le CEELEQ annonce qu’une coordination élargie avec d’autres organisations syndicales et des associations de parents d’élèves est en cours pour définir les prochaines étapes du mouvement si aucune réponse satisfaisante n’est apportée dans les plus brefs délais.
De meilleures conditions de travail pour les enseignants
Au-delà de l’application de l’accord, le CEELEQ rappelle que les revendications des enseignants haïtiens sont nombreuses et restent lettre morte. Jean Duteau DUGER exige notamment :
- Une augmentation significative des salaires pour atteindre un niveau décent, loin des 18 000 gourdes actuelles qui ne permettent pas de vivre dignement.
- L’amélioration des conditions de travail, notamment dans les écoles publiques où les infrastructures sont souvent délabrées.
- La nomination des enseignants contractuels qui travaillent depuis des années sans statut ni protection sociale.
Des mesures pour favoriser les parents
Conscient que la crise éducative ne se limite pas à la salle de classe, le CEELEQ porte également la voix des parents d’élèves. Jean Duteau DUGER demande au gouvernement de mettre en place des mesures sociales d’urgence, notamment :
- Le renforcement et l’extension du programme de cantines scolaires à travers tout le pays.
- La subvention des fournitures scolaires pour les familles les plus vulnérables.
- Un mécanisme de soutien au transport scolaire, particulièrement dans les zones rurales.
« Un enfant qui a faim ne peut pas apprendre. Un parent qui doit choisir entre acheter du carburant ou acheter un cahier ne peut pas soutenir la scolarité de son enfant. L’État doit assumer ses responsabilités », a insisté le Secrétaire Général du CEELEQ.
Un appel au dialogue avant l’escalade
Tout en confirmant son soutien à la grève de ce lundi, Jean Duteau DUGER lance un ultime appel au gouvernement : « Nous ne souhaitons pas la paralysie du système éducatif. Mais nous ne reculerons pas tant que des mesures concrètes ne seront pas annoncées. La balle est dans le camp des autorités. »
Le CEELEQ annonce qu’il tiendra un point de presse dans les prochains jours pour détailler son plan d’action et les prochaines étapes de la mobilisation si ses revendications restent ignorées.
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