Port-au-Prince, 1er avril 2026 – La colère gronde au sein de la société civile haïtienne. Ce mercredi, le Collectif des Enseignants et Enseignantes en Lutte pour une Éducation de Qualité (CEELEQ) a rendu publique une note de presse d’une rare virulence contre le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. En cause : la décision d’augmenter le prix du gaz, perçue comme une insulte supplémentaire à un peuple déjà à genoux.

UN GOUVERNEMENT SANS CONSCIENCE

Dès les premières lignes, le ton est donné. Le CEELEQ fustige un exécutif qui, selon lui, écrase un peuple déjà plongé dans la misère :

« Le peuple haïtien vit déjà dans la crasse et la misère. La majorité dort sous des tentes dans plusieurs départements du pays. Ils ne peuvent pas manger, ils n’ont pas accès aux soins de santé, ni à l’éducation, ni au travail. Et on ose encore augmenter le prix du gaz ? »

Le collectif ne mâche pas ses mots : il accuse le gouvernement d’être composé d’« une bande de gens sans conscience », entourée de « syndicalistes rats calés » qui, selon lui, défendent leurs intérêts personnels au détriment du peuple.

« Nous, syndicalistes issus des entrailles du peuple, nous avons l’intérêt du peuple chevillé au corps. Nous avions juré 7 fois 77 fois que le prix du gaz ne monterait pas. Le pays n’est pas une boutique où des hommes et des femmes de l’État viennent faire du profit sur le dos des plus pauvres. »

LE PRIX DU GAZ, UNE INJUSTICE CHRONIQUE

Le CEELEQ rappelle un fait que de nombreux Haïtiens n’ont pas oublié : lorsque le régime de la transition (souvent désigné sous le nom d’« Aryèl Henry » dans le texte) avait imposé un prix exorbitant du gaz, puis que les cours mondiaux avaient chuté, les autorités n’avaient jamais baissé le prix à la pompe.

« Tout le monde a constaté que le régime antérieur avait monté le prix du gaz de façon excessive. Quand le prix du gaz est descendu sur le marché international, les hommes et les femmes de l’État n’ont jamais baissé le prix du gaz. »

Aujourd’hui, alors que le peuple souffre déjà d’une inflation galopante, d’un chômage massif et d’une insécurité chronique, une nouvelle hausse est vécue comme un coup de massue.

DES TRAVAILLEURS AU BORD DE LA RUPTURE

Le collectif dresse un tableau accablant de la situation des travailleurs haïtiens, qu’ils soient ouvriers, professeurs, médecins, infirmiers, agents de sécurité, servantes ou policiers. Tous, selon le CEELEQ, vivent déjà un « chômage déguisé » et ne peuvent plus payer leur voiture, leur loyer, la scolarité de leurs enfants, ni même se nourrir correctement.

« Si le prix du gaz vient à augmenter, ce sera un coup de massue sur un clou. Nous disons non. C’est trop. Le peuple est épuisé, il n’en peut plus. Abraham a dit “assez” ! »

Le collectif dénonce également l’insécurité qu’il qualifie de « planifiée et organisée », où la vie ne vaut plus rien et où la violence est banalisée.

APPEL À LA MOBILISATION

Face à ce qu’il considère comme une provocation de trop, le CEELEQ lance un appel solennel à toute la population :

« Pour toutes ces raisons, le CEELEQ demande à toutes les personnes des quatre coins du pays de se lever debout pour défendre nos droits ! »

L’organisation n’annonce pas encore de mot d’ordre précis (grève, manifestation, occupation de rues, pétition), mais la tonalité du communiqué laisse entendre qu’une mobilisation populaire pourrait être organisée dans les prochains jours.

LE CONTEXTE EXPLOSIF

Depuis plusieurs semaines, les rumeurs d’une augmentation des carburants circulent dans la capitale. Les prix à la pompe, déjà très élevés pour un pays où le salaire minimum est d’environ 700 gourdes par jour, plombent le budget des ménages. La moindre hausse a des répercussions en cascade : transports plus chers, produits alimentaires plus chers, accès aux soins réduit.

Le gouvernement justifie cette mesure par la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux et par la nécessité de renflouer les caisses de l’État. Mais pour le CEELEQ et de nombreuses organisations de la société civile, cet argument est irrecevable :

« Quand le gaz baisse sur le marché mondial, on ne baisse jamais les prix ici. C’est une injustice flagrante. »

CE QU’IL FAUT RETENIR

– Le CEELEQ dénonce avec virulence la hausse annoncée du prix du gaz.
– Il accuse le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé d’être « sans conscience » et de faire des profits sur le dos des plus pauvres.
– Le collectif rappelle que les prix n’avaient jamais baissé quand les cours mondiaux avaient chuté.
– Il appelle la population à « se lever des quatre coins du pays » pour défendre ses droits.
– La situation sociale est explosive : misère, insécurité, chômage déguisé.
– Une mobilisation pourrait être annoncée dans les prochains jours.


POUR NOS LECTEURS

Cette prise de position du CEELEQ, organisation d’enseignants, montre à quel point la grogne sociale monte en Haïti. Après des mois d’insécurité, de déplacements massifs de population et d’inflation galopante, l’annonce d’une nouvelle hausse du gaz pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Les prochains jours diront si l’appel du collectif sera entendu et si des mouvements de contestation verront le jour. Mode Info 24 suivra de près l’évolution de la situation et vous tiendra informés.

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