MADRID / BARCELONE — Le football européen vient de vivre un séisme stratégique et un coup de poignard historique. Le FC Barcelone a officiellement tourné le dos à la Super League ce samedi 7 février, abandonnant dans la bataille son éternel rival, le Real Madrid, désormais seul et esseulé dans une guerre judiciaire contre l’UEFA où il réclame plus de 4 milliards d’euros de dommages et intérêts. L’alliance contre-nature entre les deux géants ibériques, dernier rempart du projet de compétition fermée, est morte. Le Barça a choisi son camp : celui de l’UEFA.
La Défection : Le Barça plante le Real et cherche “la paix”
Dans un communiqué laconique, le club catalan a acté sa reddition : “Le FC Barcelone annonce avoir notifié officiellement aujourd’hui son retrait du projet de Super League européenne.” Cette décision, pressentie depuis des mois, sonne comme une trahison stratégique pour le Real Madrid et son président, Florentino Pérez, architecte et dernier apôtre public du projet.
La raison ? Le président Joan Laporta a tranché en faveur du réalisme et de la diplomatie. “Nous voulons la paix et la pérennité dans le football”, avait-il déjà confié en décembre. “Le projet s’est éternisé et toute cette incertitude ne nous est pas profitable.” En quête de stabilité financière, le Barça a opéré un spectaculaire rapprochement avec l’UEFA et l’Association des clubs européens (EFC), dont il espère maintenant intégrer les rangs.
L’Abandon : Le Real Madrid, dernier soldat d’une guerre perdue ?
Le retrait barcelonais isole dramatiquement le Real Madrid. Depuis l’effondrement initial du projet en 2021 sous la pression populaire, les deux clubs espagnols faisaient figure de derniers résistants. Aujourd’hui, le géant madrilène se retrouve en première ligne, seul à porter une croisade jugée “essentielle” pour l’avenir du football face à un procès colossal.
La décision est d’autant plus cruelle qu’elle survient quelques mois après une victoire judiciaire retentissante. En octobre 2025, la Cour d’appel de Madrid a confirmé que l’UEFA avait “abusé de sa position dominante” en tentant d’étouffer la Super League en 2021. Une victoire en droit que le Real et le promoteur A22 ont immédiatement tenté de monnayer, réclamant plus de 4 milliards d’euros à l’instance européenne.
La Guerre : 4 milliards sur la table, l’UEFA sous pression maximale
Malgré la défection du Barça, l’offensive judiciaire du Real Madrid reste une menace existentielle pour l’UEFA. S’appuyant sur le jugement, un représentant d’A22 avait affirmé que l’entreprise était “habilitée à créer une compétition” et que l’UEFA n’avait “plus aucun moyen de l’en empêcher”.
L’instance européenne, elle, tente de minimiser la portée de la décision, arguant qu’elle ne concerne que des règles aujourd’hui modifiées. Mais le montant astronomique réclamé – 4 milliards d’euros – illustre l’âpreté du combat. Le Real Madrid, même seul, n’a pas l’intention de lâcher l’affaire. Cette bataille dépasse désormais le cadre sportif pour devenir un conflit financier et juridique d’une rare intensité.
Conclusion : La fin d’un rêve, le début d’une nouvelle ère de tensions
Le retrait du Barça signe très probablement l’acte de décès définitif de la Super League dans sa forme originelle. Il consacre aussi la victoire tactique de l’UEFA, qui réussit à diviser ses derniers opposants en intégrant le club catalan à son écosystème.
Pour le Real Madrid, c’est un camouflet stratégique et symbolique. Florentino Pérez se retrouve isolé, devant soit abandonner son combat, soit le poursuivre dans une solitude bruyante et extrêmement coûteuse. Une chose est sûre : la “paix” voulue par le Barça risque de laisser place à une guerre froide et judiciaire prolongée entre le Real et l’UEFA, dont l’issue pourrait remodeler les équilibres économiques du football continental. Le vrai choc, celui des billions, est peut-être encore à venir.