PORT-AU-PRINCE, 29 janvier 2026 — À neuf jours de la fin théorique du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), fixée au 7 février, l’Union des Patriotes pour le Développement d’Haïti (UPADH) a présenté jeudi une feuille de route alternative, appelant à tourner la page du processus en cours et à engager une refondation nationale « par et pour le peuple ».

Lors d’une conférence de presse solennelle, le mouvement a lancé un appel à « l’unité nationale » et a catégoriquement rejeté toute prolongation du mandat des autorités de transition. Ce rejet s’inscrit dans un climat de paralysie politique et d’insécurité persistante, récemment illustré par des tensions publiques entre le CPT et le gouvernement sortant.
« Le 7 février doit acter la fin d’un cycle de gouvernance illégitime et inefficace, issu d’un accord international qui a échoué », a déclaré un porte-parole de l’UPADH. Le mouvement a qualifié le système actuel, dérivé de l’Accord du 3 avril, d’« agonisant » et a pointé la dépendance excessive envers les puissances étrangères comme une source fondamentale de fragilité.
Un plan en trois piliers : souveraineté, dialogue et nouveau pacte
Plutôt que de désigner un nouveau « sauveur », l’UPADH avance une méthode de transition fondée sur une large consultation souveraine. Son plan, baptisé « L’Appel du 8 Janvier », repose sur trois piliers structurels :
1. Un Conseil des Garants de la Souveraineté (CGS) : Organe de supervision composé de personnalités issues des dix départements, chargé de piloter une transition authentiquement nationale.
2. Un Dialogue National Haïtien (DNH) : Une vaste assemblée populaire décentralisée, destinée à inclure toutes les couches de la société – paysans, commerçants, diaspora, jeunes – pour définir les priorités du pays.
3. Un Nouveau Pacte : Devant inclure une révision constitutionnelle, un plan économique baptisé « Fè Ayiti Rich » (« Faire Haïti Riche ») et une refonte des relations diplomatiques sur la base du « partenariat » plutôt que de l’« assistance ».
Appel à la mobilisation et message à l’international
Sous la devise « Unis pour reconstruire, Engagés pour l’avenir », l’UPADH enjoint à la population de refuser toute extension du mandat transitionnel et à s’organiser pour débattre de cette proposition. « Nous appelons à faire du 8 février le premier jour d’un avenir déterminé par le peuple haïtien lui-même », a martelé le Président a.i.
Le mouvement adresse également un message direct à la communauté internationale, l’invitant à « soutenir un processus haïtien, transparent et inclusif » et à opérer un changement de paradigme en misant sur la capacité interne du pays.
Une réception incertaine dans un paysage fragmenté
La proposition de l’UPADH cherche à canaliser le mécontentement populaire vers un projet institutionnel. Sa viabilité constituera un test dans un paysage politique extrêmement fragmenté et face à une crise sécuritaire qui mine toute initiative de stabilisation.
Alors que le compte à rebours est engagé, Haïti se trouve confronté à un choix critique entre la prolongation d’un système discrédité et la recherche hasardeuse d’une nouvelle voie, dont les contours et le leadership restent vivement contestés.
